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15 mars 2026 à 6h37Le muscardin : ce petit rongeur roux qui construit son nid en boule dans les haies au printemps
Le muscardin : ce petit rongeur roux qui construit son nid en boule dans les haies au printemps
Discret, minuscule et d’un roux flamboyant, le muscardin est l’un des mammifères les plus méconnus de nos campagnes. Pourtant, ce petit rongeur cache une vie fascinante, entre nids artistiquement tressés et longues nuits d’hibernation. Partez à la découverte de cet habitant secret des haies et des bocages.
Qui est le muscardin ?
Le muscardin, dont le nom scientifique est Muscardinus avellanarius, appartient à la famille des Gliridés, que l’on appelle aussi les lérots ou les loirs. C’est le plus petit représentant de cette famille en Europe. Il ne dépasse pas 9 centimètres de long pour le corps, auxquels s’ajoute une queue touffue d’à peu près la même longueur.
Son pelage est d’un roux orangé caractéristique sur le dos, tandis que son ventre affiche un blanc crème délicat. Ses grands yeux noirs et ronds lui confèrent un air attendrissant qui ne laisse personne indifférent. Malgré son apparence proche d’une souris, il est en réalité plus proche du loir que de la souris commune.
Un habitat bien précis : les haies et les lisières
Le muscardin est un animal qui affectionne particulièrement les milieux buissonnants et les haies denses. On le trouve dans les lisières forestières, les bocages, les haies champêtres et les taillis fournis. Il a une préférence marquée pour les zones où les noisetiers, les ronces, les aubépines et les rosiers sauvages abondent.
Il passe l’essentiel de sa vie dans les branches basses et les buissons, rarement à plus de deux mètres du sol. Sa morphologie est parfaitement adaptée à la vie arboricole : ses petites pattes agiles et ses griffes acérées lui permettent de se déplacer avec une aisance remarquable parmi les ramures. On ne le voit quasiment jamais au sol, contrairement à d’autres rongeurs.
La présence de haies bocagères bien entretenues est donc une condition indispensable à sa survie. La destruction des haies, phénomène massif depuis les années 1950, est l’une des principales causes du déclin de cette espèce en France.
Le nid en boule : une construction remarquable
L’une des caractéristiques les plus étonnantes du muscardin est son nid. Au printemps, lorsque les températures remontent et que la végétation reprend, il construit un nid de forme parfaitement sphérique, d’environ 8 à 10 centimètres de diamètre. Ce nid est tissé avec une précision et un soin qui forcent l’admiration.
Il utilise des herbes sèches, des feuilles, des mousses et des fibres végétales qu’il entrelace minutieusement. Le nid est généralement installé dans un buisson épineux, à faible hauteur, bien dissimulé dans la végétation. Son entrée est souvent obturée, ce qui le rend encore plus difficile à repérer pour les prédateurs.
Ce nid printanier sert principalement à la reproduction. La femelle y met bas et y élève ses petits à l’abri. On peut parfois observer plusieurs nids sur un même territoire, car le muscardin en construit différents selon les saisons et les usages : nids de repos, nids de mise bas, nids estivaux.
Un régime alimentaire varié et opportuniste
Le muscardin est un omnivore, bien qu’il soit principalement frugivore et granivore. Au printemps et en été, il se nourrit volontiers de fleurs, de baies, d’insectes et de chenilles. Cette diversité alimentaire est essentielle pour couvrir ses besoins énergétiques importants.
À l’automne, son régime bascule franchement vers les graines et les fruits à coque. Les noisettes constituent alors l’aliment de prédilection, ce qui explique en partie son attirance pour les haies à noisetiers. Il mange aussi des glands, des faînes et des baies d’aubépine ou de sorbier.
Cette phase automnale d’alimentation intensive est vitale. Le muscardin doit accumuler suffisamment de réserves de graisses pour traverser sa longue hibernation. C’est une véritable course contre la montre avant les premiers froids.
L’hibernation : un sommeil profond de plusieurs mois
Le muscardin est l’un des mammifères qui hibernent le plus longtemps en Europe. Il entre en hibernation dès octobre, parfois même fin septembre si les températures chutent tôt, et ne se réveille pas avant avril ou mai. Cela représente jusqu’à sept mois de sommeil profond chaque année.
Pour hiverner, il construit un nid spécial, généralement au sol ou juste en dessous, dissimulé sous des feuilles mortes, dans les racines d’un buisson ou dans un creux de talus. Ce nid hivernal est plus épais et mieux isolé que les nids estivaux. Sa température corporelle chute alors considérablement, parfois proche de 0°C.
Durant cette période, il vit sur ses réserves de graisse accumulées à l’automne. Son métabolisme ralentit au maximum pour limiter la consommation d’énergie. Il peut perdre jusqu’à la moitié de son poids corporel avant de se réveiller au printemps.
La reproduction : des naissances discrètes en plein été
La saison de reproduction du muscardin commence peu après son réveil printanier, généralement entre mai et juin. La gestation dure environ vingt-deux à vingt-quatre jours. La femelle donne naissance à une portée de deux à sept petits, généralement trois ou quatre en moyenne.
Les nouveau-nés sont aveugles, nus et totalement dépendants de leur mère. Ils se développent rapidement dans le nid sphérique soigneusement construit par la femelle. Après environ trente jours, ils commencent à explorer les environs immédiats du nid.
Dans les régions où la saison chaude est longue, une deuxième portée peut avoir lieu en août. Les jeunes de l’été doivent alors grandir très vite pour accumuler suffisamment de réserves avant l’hibernation. Leur première année de vie est la période la plus périlleuse.
Les prédateurs naturels du muscardin
Malgré sa discrétion et ses habitudes nocturnes, le muscardin est exposé à de nombreux prédateurs. Les rapaces nocturnes, comme la chouette effraie ou la hulotte, constituent sa principale menace aérienne. Leur vision nocturne et leur vol silencieux en font des chasseurs redoutables.
Les mustélidés, notamment la belette et la martre des pins, sont capables de le poursuivre jusque dans les buissons les plus denses. Le renard et le chat domestique représentent également un danger non négligeable, surtout pour les jeunes inexpérimentés.
Pour se protéger, le muscardin mise sur la crypticité : son pelage roux se confond avec les branches et les feuilles mortes. Sa faible activité au sol et ses mœurs nocturnes réduisent aussi les risques de prédation.
Un animal protégé en France
En France, le muscardin bénéficie d’une protection légale complète depuis l’arrêté du 23 avril 2007. Il est interdit de le capturer, de le blesser, de le tuer ou de détruire son habitat. Cette protection s’étend également à ses nids, qu’ils soient occupés ou non.
Malgré cette protection, ses populations sont en déclin dans de nombreuses régions françaises. La destruction des haies bocagères, l’utilisation de pesticides qui appauvrissent les ressources alimentaires et le morcellement des milieux naturels sont les principales causes de ce déclin.
Des programmes de sensibilisation et de restauration des haies sont menés dans plusieurs territoires pour favoriser le retour de l’espèce. Planter des noisetiers, des aubépines et des rosiers sauvages dans son jardin est déjà un geste concret pour lui offrir un refuge.
Comment observer le muscardin sans le déranger ?
Observer le muscardin dans la nature relève presque de la chance tant il est discret. Il est strictement nocturne et se déplace à l’abri du regard dans les buissons denses. La meilleure période pour tenter une observation reste les nuits chaudes de juin et juillet, à la lisière d’une haie de noisetiers.
Une lampe torche à lumière rouge, moins perturbante pour les animaux, et beaucoup de patience sont les seuls outils nécessaires. Il faut s’approcher sans bruit et éviter tout mouvement brusque. Les nids en boule, eux, peuvent être observés de jour lors de prospections attentives dans les haies épineuses.
Certaines associations naturalistes organisent des sorties nocturnes dédiées à la recherche du muscardin. Ces sorties permettent d’apprendre à identifier ses indices de présence, notamment les noisettes qu’il ronge d’une façon très caractéristique, laissant un trou parfaitement rond et lisse sur la coquille.
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