Jardin

Stolons de fraisiers en août : comment multiplier ses plants sans rien dépenser

Alain
Alain
19 août 2026 à 13h44 5 min
Femme coupant stolons fraisiers avec secateur, plants recuperes au sol

Chaque été, le même geste revient dans les jardins : sécateur en main, on coupe tout ce qui dépasse. Les tiges rampantes qui filent hors du pied de fraisier finissent à la poubelle, jugées inutiles. Une jardinière a fait l’inverse. Résultat, trois ans plus tard, sa fraiseraie n’a jamais coûté un centime de plants neufs.

Le secret tient dans ces fameux stolons, ces tiges rampantes que les fraisiers envoient au sol dès la fin de la fructification. Chacune porte, à son extrémité, un embryon de plant capable de développer ses propres racines. Couper systématiquement ces tiges revient à jeter, chaque août, des dizaines de plants gratuits qu’il suffirait de laisser s’enraciner.

Stolons de fraisiers : ces tiges rampantes que tout le monde coupe par erreur

Le fraisier produit deux types de pousses. Les gourmands restent proches du pied mère et renforcent la touffe existante. Les stolons, eux, partent à l’horizontale et vont chercher un nouveau bout de terre pour y déposer une future plante. C’est ce mécanisme naturel qui permet de multiplier un fraisier sans acheter le moindre plant en jardinerie.

Beaucoup de jardiniers coupent ces tiges par réflexe, pensant qu’elles affaiblissent le pied mère ou nuisent à l’esthétique du massif. En réalité, un stolon laissé libre développe rapidement des racines dès qu’il touche le sol humide, souvent en quelques semaines seulement au cœur de l’été.

Pourquoi couper tous les stolons en août ruine votre fraiseraie (et votre porte-monnaie)

Un fraisier vieillit. Sa production baisse nettement après trois ou quatre saisons de récolte, et il devient nécessaire de renouveler une partie de la fraiseraie pour garder un rendement correct. Sans stolons conservés, la seule option restante consiste à racheter des plants chaque printemps, une dépense répétée qui peut vite grimper selon la taille du carré de culture.

En laissant filer quelques tiges rampantes chaque août, on obtient l’inverse : une réserve permanente de jeunes plants prêts à remplacer les pieds fatigués. C’est ce principe simple qui a permis à cette jardinière de ne jamais remettre la main au porte-monnaie depuis trois saisons.

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Tige de fraisier guidée dans terre humide avec pince

La technique repose sur une bouture naturelle, à rapprocher des plantes à bouturer avant septembre pour un jardin fourni : au lieu de couper la tige rampante, on la guide vers une zone de terre meuble et on la fixe légèrement pour qu’elle prenne racine sans se détacher du pied mère avant l’enracinement complet.

Sélectionner les bons stolons à conserver

Tous les stolons ne se valent pas. Les plus vigoureux, épais et issus d’un pied productif donnent les meilleurs jeunes plants. On repère facilement le premier renflement sur la tige, celui qui touche déjà presque le sol : c’est cette portion qu’il faut installer en contact avec la terre. Il est conseillé de ne garder que deux ou trois stolons par pied mère, pour ne pas épuiser la plante d’origine.

Repiquer un stolon étape par étape

Le repiquage se fait directement en pleine terre ou dans un petit pot posé à côté du pied mère, sans détacher la tige tout de suite.

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  • Repérer le renflement racinaire sur la tige rampante et le positionner au contact du sol.
  • Maintenir légèrement avec une pierre ou une épingle à cheveux pour éviter qu’il ne bouge.
  • Arroser régulièrement pendant deux à trois semaines, le temps que les racines se forment.
  • Vérifier l’enracinement en tirant doucement sur la tige : une résistance signale que le plant est prêt.
  • Couper enfin la tige qui relie le jeune plant au pied mère, une fois l’ancrage confirmé.
Trois ans, zéro euro dépensé : le calcul derrière la méthode

Un plant de fraisier coûte en moyenne entre 1,50 et 3 euros en jardinerie. Multiplier dix pieds par an via les stolons revient à économiser cette somme chaque saison, tout en renouvelant naturellement les rangs fatigués. Sur trois ans, la fraiseraie s’entretient donc sans aucun achat.

Après le repiquage : les gestes pour une fraiseraie autonome pendant des années

Une fois les jeunes plants séparés du pied mère, ils passent leur premier automne à renforcer leurs racines avant l’hiver. Un paillage léger protège cette zone d’enracinement encore fragile face au froid et limite le dessèchement du sol pendant les jours secs de fin d’été.

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Au printemps suivant, ces plants issus des stolons deviennent des pieds à part entière, capables de produire leur propre récolte dès la deuxième saison. En répétant l’opération chaque août, on maintient une rotation naturelle : les vieux pieds épuisés cèdent la place aux jeunes plants tout juste enracinés, sans jamais interrompre la production.

Cette autonomie repose sur un principe simple : conserver plutôt que couper. Ce petit changement d’habitude, appliqué chaque été, transforme une fraiseraie ordinaire en système qui se renouvelle seul, année après année.

En bref

Couper tous les stolons en août, c’est jeter des plants gratuits chaque saison. En sélectionnant les tiges rampantes les plus vigoureuses, en les repiquant près du sol et en patientant quelques semaines pour l’enracinement, on obtient une fraiseraie qui se renouvelle d’elle-même. Trois ans plus tard, comme le montre cette jardinière, plus aucune dépense n’est nécessaire pour garder une belle récolte.

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