Une branche qui frôle votre toit, une haie qui envahit votre terrasse, des feuilles qui tombent par centaines chaque automne. Face aux branches du voisin qui dépassent, la tentation est grande de prendre le sécateur soi-même. Mauvaise idée : la loi encadre très précisément ce que vous pouvez faire, et ce geste en apparence anodin peut vous coûter cher.
| Situation | Autorisé | Interdit |
|---|---|---|
| Branches qui dépassent chez vous | Exiger l’élagage du voisin | Les couper vous-même |
| Racines qui envahissent votre terrain | Les couper vous-même à la limite de propriété | Pénétrer chez le voisin pour intervenir |
| Fruits tombés de l’arbre voisin | Les rendre au propriétaire | Les garder ou les consommer |
Ce que la loi vous INTERDIT : pourquoi couper les branches vous-même est illégal
Beaucoup de propriétaires pensent avoir le droit de couper les branches qui dépassent sur leur terrain, comme ils le feraient pour une haie mitoyenne. C’est faux. Même si la branche pousse au-dessus de votre jardin, elle appartient toujours à l’arbre du voisin, donc au voisin lui-même. Sectionner cette branche sans son accord constitue une atteinte à sa propriété.
Cette règle vaut aussi si l’arbre est planté depuis des années sans jamais avoir posé de problème. Le temps ne vous donne pas automatiquement un droit de couper : seule une décision du voisin, ou à défaut une décision de justice, peut autoriser la coupe. Si l’arbre venait à mourir suite à une taille sauvage, vous vous exposez à devoir indemniser le préjudice subi, en plus des tensions durables avec le voisinage.
Ce que la loi vous AUTORISE : exiger l’élagage des branches qui débordent
L’article 673 du Code civil est la référence en la matière. Il donne un droit clair : celui d’exiger que le propriétaire de l’arbre coupe les branches qui avancent sur votre propriété. Ce droit existe quelle que soit la hauteur de l’arbre, sa variété, ou l’ancienneté de la plantation. Vous n’avez pas à justifier d’une gêne particulière, la simple présence de branches qui dépassent la limite de propriété suffit à activer ce droit.
Concrètement, l’article 673 vous permet de demander l’élagage à tout moment, sans délai de prescription qui viendrait annuler votre demande. En revanche, ce droit s’arrête à la demande : c’est au voisin d’agir, pas à vous d’intervenir directement sur son arbre.
La procédure pour contraindre votre voisin à couper les branches

Étape 1 : privilégier le dialogue amiable
Avant toute démarche formelle, une discussion directe reste souvent la solution la plus rapide. Beaucoup de voisins ignorent simplement l’existence de ce droit ou n’ont pas mesuré la gêne occasionnée. Un échange courtois, éventuellement appuyé par une photo montrant l’ampleur du débordement, suffit fréquemment à débloquer la situation sans passer par des courriers.
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Étape 2 : lettre recommandée avec mise en demeure
Si le dialogue amiable n’aboutit à rien, l’étape suivante consiste à envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception. Ce courrier de mise en demeure doit rappeler l’article 673 du Code civil, décrire précisément les branches concernées, et fixer un délai raisonnable, généralement un à deux mois, pour que le voisin procède à l’élagage. Conservez une copie et l’accusé de réception : ils serviront de preuve si la situation doit aller plus loin.
Étape 3 : conciliation ou recours judiciaire
Passé ce délai sans réaction, la conciliation devant un conciliateur de justice est une étape gratuite et souvent efficace, avant d’envisager une saisine du tribunal de proximité. Le juge peut alors ordonner l’élagage sous astreinte, c’est-à-dire une pénalité financière par jour de retard, et éventuellement accorder des dommages et intérêts si un préjudice réel est démontré.
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Scanner Votre Plante — App GratuiteCe que risque celui qui coupe sans autorisation
Couper une branche ou un arbre du voisin sans son accord relève de la dégradation de bien d’autrui. Selon l’ampleur des dégâts, cela peut entraîner des sanctions pénales, une action en responsabilité civile, et l’obligation de verser des dommages et intérêts si l’arbre est abîmé ou meurt. Mieux vaut patienter quelques semaines de plus qu’assumer une facture salée.
Cas particuliers : racines, fruits tombés et distances légales de plantation
Les racines envahissantes : vous pouvez les couper vous-même
Contrairement aux branches, les racines, ronces et brindilles qui pénètrent chez vous peuvent être coupées directement, sans autorisation préalable ni mise en demeure. Ce droit de couper s’exerce uniquement à la limite de votre propriété, sans jamais entrer sur le terrain voisin. C’est l’une des rares situations où la loi vous laisse agir seul, sans passer par le voisin.
À qui appartiennent les fruits tombés dans votre jardin ?
Les fruits tombés naturellement d’un arbre voisin restent la propriété de son propriétaire, même une fois au sol chez vous. Vous ne pouvez ni les ramasser pour les garder, ni les jeter sans son accord. En revanche, si vous cueillez vous-même des fruits encore accrochés à une branche qui dépasse, vous commettez un vol, même symbolique.
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Distances légales de plantation : vérifier si l’arbre du voisin est conforme
La loi fixe des distances légales de plantation selon la hauteur de l’arbre : deux mètres minimum de la limite de propriété pour un arbre de haute tige dépassant deux mètres, et cinquante centimètres pour un arbre de basse tige. Ces règles peuvent varier selon les usages locaux ou un règlement communal, qu’il est utile de vérifier en mairie. Si l’arbre a été planté trop près et que trente ans se sont écoulés sans contestation, la prescription acquisitive peut toutefois rendre la situation définitive, même non conforme.
Risques et responsabilités en cas de coupe non autorisée

Au-delà des sanctions pénales évoquées plus haut, une coupe non autorisée peut aussi ranimer un conflit de voisinage durable, bien plus difficile à résoudre qu’un simple élagage. Si une servitude ou un accord tacite existait depuis longtemps entre les deux propriétés, agir seul peut également remettre en cause cet équilibre. Dans le doute, la conciliation reste toujours préférable à l’affrontement : elle coûte peu, va vite, et évite d’endommager durablement une relation de voisinage qui, par définition, dure dans le temps.
1 Commentaire
[…] esthétique, c’est un risque de litige de voisinage, comme le montre notre article sur les branches du voisin qui dépassent chez vous, que personne ne veut […]