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14 mars 2026 à 16h37Douze heures dans les arbres, et un retour au mètre près
Chaque nuit en Australie, des fourmis de l’espèce Myrmecia midas grimpent dans les eucalyptus dès le crépuscule. Elles y passent jusqu’à douze heures à chasser des insectes et à récolter du miellat, bien au-dessus du sol. Puis, quand vient l’heure du retour, elles descendent et filent en ligne droite vers leur nid — parfois sur plus de 200 mètres, dans une obscurité presque totale.
Ce qui rend cette performance remarquable, c’est l’absence totale de repères visuels au sol. Pas de piste balisée, pas de phéromones directrices. Ces fourmis taureaux s’orientent uniquement grâce à la Lune. Et pas de n’importe quelle façon.
Le problème que personne n’avait encore résolu
La Lune est un repère capricieux. Elle ne traverse pas le ciel à vitesse constante : elle accélère près de l’horizon, ralentit au zénith, puis repart. Son cycle de 29 jours modifie sa position d’une nuit à l’autre. Pour un animal qui mémoriserait simplement son angle au moment du départ, l’erreur accumulée sur plusieurs heures atteindrait facilement plusieurs dizaines de degrés.
C’est précisément pour éviter cette difficulté que les oiseaux migrateurs préfèrent les étoiles, fixes et fiables. Les fourmis taureaux, elles, ont choisi la Lune — et ont développé un système pour contourner ses incohérences.
L’expérience qui a tout révélé
Une équipe de chercheurs de l’université Macquarie, dirigée par Cody Freas, a intercepté des fourmis en plein trajet de retour sur un terrain de basket abandonné près de Sydney. Les insectes ont été placés dans deux types de boîtes pendant cinq heures. Le premier groupe voyageait dans des boîtes transparentes, en contact visuel permanent avec le ciel. Le second restait enfermé dans des boîtes opaques, coupé de toute information céleste.
À la libération, les résultats étaient sans ambiguïté. Les fourmis ayant vu le ciel repartaient immédiatement dans la bonne direction, compensant exactement les cinq heures écoulées et la nouvelle position de la Lune. Celles maintenues à l’obscurité s’orientaient comme si la Lune n’avait pas bougé — exactement dans la direction qu’elles auraient prise au moment de leur capture.
Cette divergence prouvait une chose : les fourmis ne mémorisent pas un angle fixe. Elles prédisent activement où sera la Lune. L’étude a été publiée dans Current Biology en mars 2026.
Un mécanisme neuronal d’une sophistication inattendue
Les chercheurs ont identifié le processus sous-jacent, baptisé fonction speed-step. Le cerveau de la fourmi intègre en permanence trois paramètres : la hauteur actuelle de la Lune dans le ciel, le temps écoulé depuis le départ, et la vitesse angulaire variable de l’astre selon sa position. En combinant ces données, l’insecte calcule en temps réel où se trouvera la Lune dans trente minutes, dans deux heures, dans cinq heures.
Les fourmis disposent en outre d’yeux spécialisés capables de détecter la lumière polarisée émise par la Lune, même lorsqu’elle est masquée par des arbres ou passée sous l’horizon. Ce capteur biologique leur permet de maintenir le cap dans des conditions où tout autre repère visuel disparaît.
Les expériences de terrain ont confirmé la précision du mécanisme. Que les fourmis soient relâchées après trois heures ou après sept heures de rétention, la correction angulaire observée suivait exactement la courbe théorique prévue par la fonction speed-step.
Un cerveau minuscule pour un problème astronomique
La performance finale est saisissante : après douze heures de collecte, une fourmi taureau maintient une erreur de cap inférieure à cinq degrés sur 200 mètres. C’est un niveau de précision comparable à celui des abeilles qui naviguent au Soleil en plein jour. Aucun autre insecte nocturne connu n’atteint ce résultat.
Ce qui rend la découverte particulièrement frappante, c’est l’architecture neuronale en jeu. Le cerveau de ces fourmis contient moins d’un million de neurones — contre 86 milliards chez l’être humain. Pourtant, il résout un problème de mécanique céleste que nos ancêtres ne pouvaient aborder que par des années d’observation répétée.
Cette capacité, probablement façonnée par des millions d’années de sélection naturelle, suggère que l’évolution peut produire des algorithmes de navigation d’une sophistication comparable à nos propres outils de calcul — sans apprentissage, sans conscience, et dans un espace grand comme un grain de riz.
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