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4 août 2026 à 3h18Comment créer une mini-mare pour la biodiversité avec une bassine enterrée à moins de 20 €
Une vieille bassine qui traîne au fond du garage, un coin de jardin un peu délaissé, et voilà de quoi offrir un point d’eau à toute une faune sauvage. Pas besoin de terrasser le jardin ni de dépenser des centaines d’euros dans un bassin préformé : une mini-mare enterrée se monte en un après-midi, pour moins de 20 €.
Le principe est simple. On récupère un contenant (bassine, bac, ancien évier), on l’enterre dans un coin ensoleillé une partie de la journée, on aménage des berges en pente douce pour que la faune puisse entrer et sortir, on remplit d’eau de pluie, et on laisse la nature faire le reste. En quelques semaines, libellules, insectes aquatiques et parfois amphibiens viennent coloniser ce nouvel écosystème aquatique (pour aller plus loin, voir comment créer un bassin pour grenouille dans son jardin).
Pourquoi créer une mini-mare pour la biodiversité avec une bassine enterrée ?
Un point d’eau, même minuscule, change la donne pour la faune sauvage d’un jardin. Les grenouilles et les tritons y trouvent un lieu de reproduction, les oiseaux viennent s’y désaltérer, et une multitude d’insectes aquatiques s’y développent dès les premières semaines. C’est aussi un excellent complément à un jardin écologique pensé en permaculture, où chaque espace naturel a une fonction, tout comme une haie naturelle favorisant la biodiversité du jardin.
Contrairement à une idée reçue, une mare n’a pas besoin d’être grande pour être utile. Une bassine de 40 à 60 litres suffit largement à créer une zone humide fonctionnelle. Ce format réduit ne demande presque aucun entretien une fois installé, et il attire une biodiversité étonnante en peu de temps.
Choisir l’emplacement et le contenant (moins de 20 €)
Le bon endroit dans le jardin
L’emplacement conditionne la réussite du projet. Il faut viser un ensoleillement partiel : quelques heures de soleil par jour favorisent le développement des plantes aquatiques et des larves, sans provoquer une évaporation trop rapide ni une eau surchauffée en été. Un coin recevant du soleil le matin et de l’ombre l’après-midi est souvent idéal.
Mieux vaut éviter de placer la mini-mare directement sous un grand arbre : les feuilles qui tombent en automne encombrent l’eau et se décomposent, ce qui déséquilibre l’écosystème aquatique. Un emplacement légèrement en retrait, visible depuis la maison, permet aussi d’observer facilement la faune qui s’y installe.
Quel contenant recycler : bassine, bac, vieux évier
Presque tout contenant étanche peut devenir une mini-mare : une bassine en plastique ou en zinc, un bac de rangement, une bassine à linge, un vieux évier de cuisine, ou même une baignoire récupérée en déchetterie. L’essentiel est qu’il n’y ait aucune fissure et qu’il fasse au moins 30 cm de profondeur pour offrir une réserve d’eau stable, même en période sèche.
Pour rester sous les 20 €, la récupération est la clé : brocantes, déchetteries, réseaux de dons entre voisins ou simple fond de garage font souvent l’affaire gratuitement. S’il faut acheter un contenant neuf, une bassine ou un bac préformé d’entrée de gamme en jardinerie ou grande surface de bricolage coûte généralement entre 8 et 15 €.
| Poste | Coût estimé |
|---|---|
| Bassine ou bac récupéré | 0 € (récup) à 15 € |
| Sable ou substrat pour le fond | 2 à 4 € |
| Quelques pierres et galets pour les berges | 0 € (récup au jardin) |
| Plante aquatique de base | 3 à 5 € |
| Total | moins de 20 € |
Étape par étape : creuser et installer votre mini-mare
Creuser le trou et poser la bassine
On creuse un trou légèrement plus large et plus profond que le contenant, en réservant quelques centimètres pour le lit de sable qui stabilisera la base. La bassine s’installe ensuite bien à plat, le rebord affleurant le niveau du sol, pour que les petits animaux puissent y accéder sans obstacle.
Il faut vérifier l’horizontalité avec un niveau ou à l’œil, car une bassine penchée videra son eau d’un côté et laissera l’autre bord à sec. Une fois posée, on tasse la terre tout autour pour éviter les poches d’air qui pourraient fragiliser l’ensemble avec le temps.
Aménager les berges en pente douce
C’est l’étape la plus importante pour la faune sauvage. Des pierres plates, des briques ou de la terre empilée d’un côté créent une rampe d’accès en pente douce, indispensable pour que les hérissons, grenouilles ou insectes puissent entrer et surtout ressortir de l’eau sans se noyer.
Sans cet aménagement, une bassine enterrée devient un piège mortel pour de nombreux petits animaux. Quelques cailloux disposés en escalier, du côté le moins exposé au vent, suffisent généralement à sécuriser l’accès.
Une mare aux parois verticales, sans aucune sortie, transforme le point d’eau en piège. Prévoyez toujours au moins un côté en pente très douce, même symbolique, avant la mise en eau.
Remplir et garnir la mare : substrat, eau de pluie et plantes aquatiques
Avant de remplir, on dépose au fond un substrat naturel : quelques centimètres de sable ou de terre argileuse récupérée dans le jardin, sans terreau enrichi ni engrais qui pollueraient l’eau. Ce fond sert de support aux futures racines des plantes aquatiques et abrite déjà de petits organismes utiles.
Pour le remplissage, l’eau de pluie reste le meilleur choix : contrairement à l’eau du robinet, elle ne contient pas de chlore et respecte l’équilibre naturel de l’écosystème aquatique. Un simple récupérateur d’eau ou quelques arrosoirs suffisent à remplir une petite bassine.
Côté végétation, quelques plantes suffisent pour lancer la dynamique : une plante oxygénante immergée, une plante à feuilles flottantes comme une petite renoncule aquatique, et éventuellement une plante de berge type joncs ou laîches. Ces végétaux oxygènent l’eau, offrent des cachettes et servent de support de ponte pour les libellules.
Laisser faire la nature : la colonisation naturelle de la faune
Une fois la mini-mare en place, la patience devient la meilleure alliée. La colonisation naturelle prend généralement quelques semaines : les premiers insectes aquatiques arrivent vite, suivis par les libellules qui viennent pondre à la surface. Les amphibiens, eux, mettent parfois plusieurs mois, voire une saison, avant de découvrir ce nouveau point d’eau.
Il ne faut jamais introduire soi-même des grenouilles, tritons ou têtards capturés ailleurs : cette pratique perturbe les populations locales et peut propager des maladies entre sites. La faune trouve d’elle-même les nouveaux points d’eau, souvent plus rapidement qu’on ne l’imagine dans un jardin déjà accueillant.
Avec le temps, cette petite zone humide devient un maillon à part entière du jardin écologique, aussi utile qu’une haie ou qu’un tas de bois pour la biodiversité locale, un peu comme le montre notre guide pour faire un bassin de jardin naturel étape par étape. Un entretien minimal, comme retirer les feuilles mortes en automne, suffit à la maintenir en bon état d’une année sur l’autre.



