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Crocodylus lucivenator : le grand prédateur qui partageait le territoire de Lucy il y a 3 millions d’années

Alain
Alain
13 mars 2026 à 9h10 4 min
Crocodylus lucivenator : le grand prédateur qui partageait le territoire de Lucy il y a 3 millions d'années

Au bord des rivières du Pliocène, un prédateur méconnu

Il y a environ 3 à 3,4 millions d’années, les rives des rivières d’Éthiopie n’étaient pas des endroits tranquilles. Dans la région de Hadar, célèbre pour avoir livré les ossements de Lucy, une équipe de chercheurs a identifié une espèce de crocodile géant jusqu’alors inconnue de la science. Cette découverte, publiée dans le Journal of Systematic Palaeontology, apporte un nouvel éclairage sur les dangers que devaient affronter les premiers hominidés.

L’équipe, dirigée par Christopher Brochu de l’Université de l’Iowa, a travaillé avec des chercheurs de l’Arizona State University et de l’Université du Tennessee. Ensemble, ils ont étudié 121 éléments osseux issus de plusieurs campagnes de fouilles menées sur le site de Hadar, dans la région de l’Afar, au nord de l’Éthiopie.

Un nom qui dit tout : le chasseur de Lucy

La nouvelle espèce a été baptisée Crocodylus lucivenator, ce qui se traduit littéralement par « chasseur de Lucy ». Ce nom ne signifie pas qu’un individu d’Australopithecus afarensis ait été effectivement attaqué par ce reptile. Il souligne plutôt que ces deux espèces partageaient les mêmes zones riveraines à la même époque.

Christopher Brochu résume la situation avec clarté : dans cet environnement du Pliocène, le prédateur dominant n’était probablement pas un mammifère carnivore, mais bien un crocodile. Cette précision change sensiblement la façon dont on perçoit les écosystèmes qu’habitaient nos lointains ancêtres.

Un reptile imposant aux traits inhabituels

Les estimations réalisées à partir des crânes fossiles indiquent que Crocodylus lucivenator mesurait entre 3,6 et 4,5 mètres. Certains individus pouvaient peser plusieurs centaines de kilogrammes, ce qui le plaçait dans la même gamme que les plus grands crocodiles actuels.

Son anatomie réserve quelques surprises. Le crâne présente une bosse osseuse au milieu du museau, une structure qui intrigue les chercheurs. Chez les crocodiles modernes, des reliefs similaires jouent un rôle lors des parades et des confrontations entre mâles. Les scientifiques estiment que cette bosse remplissait une fonction comparable chez lucivenator. Le museau, plus allongé que celui de nombreuses espèces fossiles du Pliocène, rappelle davantage la morphologie de certains crocodiliens contemporains.

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Christopher Brochu confie avoir été « stupéfait » en découvrant cette combinaison de traits morphologiques à la fois familiers et inattendus. Cette singularité anatomique a été déterminante pour confirmer qu’il s’agissait bien d’une espèce distincte.

Des fossiles qui racontent des combats

L’un des crânes étudiés porte plusieurs traces de morsures cicatrisées, preuve que l’animal a survécu à au moins un affrontement violent. Ces marques se concentrent sur la mâchoire et autour du museau. Chez les crocodiles actuels, ce type de blessures est fréquent lors de rivalités entre mâles pour le territoire ou la reproduction.

Stephanie Drumheller, paléontologue à l’Université du Tennessee et coautrice de l’étude, souligne que ces morsures au niveau du museau sont bien documentées dans toute la lignée des crocodiliens. Ces indices comportementaux donnent une image plus vivante de l’animal, au-delà de sa seule morphologie.

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Un paysage verdoyant, mais loin d’être sans danger

Le Hadar du Pliocène ne ressemblait pas au désert aride que l’on observe aujourd’hui. Les analyses sédimentaires et les fossiles animaux associés décrivent un environnement composé de rivières permanentes, de marécages, de prairies humides et de zones boisées. Ce milieu attirait une faune abondante.

Christopher Campisano, de l’Arizona State University, rappelle que les paysages de Hadar variaient au fil du temps, oscillant entre zones forestières et prairies ouvertes. Malgré ces fluctuations, les crocodiles semblent avoir occupé durablement les habitats aquatiques de la région, disposant de ressources suffisantes pour se maintenir sur de longues périodes.

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Les hominidés, proies potentielles parmi d’autres

La taille de Crocodylus lucivenator lui permettait de capturer une grande variété d’animaux : antilopes, primates, et tout vertébré s’aventurant près de l’eau. Les hominidés, qui devaient eux aussi s’approcher des points d’eau pour boire ou se déplacer, entraient probablement dans ce registre de proies potentielles.

Aucun fossile ne prouve à ce jour qu’un Australopithecus afarensis ait été victime d’une telle attaque. Toutefois, l’écologie de ce prédateur rend le scénario plausible. Cette découverte rappelle que la survie, à l’époque de Lucy, impliquait aussi de composer avec des dangers tapies sous la surface des rivières.

Source : Christopher A. Brochu et al., « Lucy’s Peril: A Pliocene Crocodile from the Hadar Formation, Northeastern Ethiopia », Journal of Systematic Palaeontology, 2026.

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Alain

Blogueur spécialisé en bricolage et jardinage
Alain partage ses connaissances pratiques en bricolage, jardinage et soins des animaux à travers son blog. Passionné par les travaux manuels et la vie en plein air, il propose des conseils accessibles et des solutions concrètes pour aménager son espace de vie.
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