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22 mars 2026 à 13h31Deux marsupiaux de Nouvelle-Guinée, absents des registres du vivant depuis 6 000 ans, viennent d’être retrouvés
Portés disparus depuis l’âge du Néolithique
Tout avait commencé par quelques dents. Dans les années 1990, des fouilles menées dans des grottes de l’ouest de la Nouvelle-Guinée avaient livré des restes fossiles appartenant à deux marsupiaux inconnus. Les spécimens les plus récents remontaient à environ 6 000 ans. Faute de toute autre trace, les scientifiques avaient conclu à leur disparition définitive.
Ces deux espèces — le phalanger pygmée à long doigt (Dactylonax kambuayai) et le planeur à queue annelée (Tous ayamaruensis) — n’existaient plus que dans les catalogues paléontologiques. Jusqu’à ce qu’un cliché photographique transmis en 2019 relance l’enquête.
Une photo, puis des années de terrain pour en avoir le cœur net
En 2019, un observateur contacte une équipe de chercheurs et leur transmet l’image d’un animal vivant non identifié. L’hypothèse d’une survivance est soulevée, mais il faudra plusieurs années d’analyses rigoureuses et d’expéditions pour la valider formellement.
C’est finalement une équipe internationale conduite par Tim Flannery, chercheur associé à l’Australian Museum, et Kristofer Helgen, président du Bishop Museum à Honolulu, qui confirme la découverte. Les deux espèces ont été observées vivantes dans les forêts reculées de la péninsule de Vogelkop, en Papouasie indonésienne. Leurs conclusions ont été publiées le 6 mars 2026 dans la revue Records of the Australian Museum.
Le paléontologue Ken Aplin, qui avait le premier décrit et nommé ces espèces à partir des fossiles, est décédé en 2019 sans avoir pu assister à leur confirmation. Ces deux animaux rejoignent désormais la liste des espèces dites « Lazare » : des organismes réapparus après avoir été officiellement déclarés éteints.
Portraits de deux survivants discrets
Le phalanger pygmée à long doigt est un animal minuscule : il ne dépasse pas 200 grammes, soit le poids d’une pomme. C’est le plus petit représentant de la famille des phalangers rayés. Sa particularité la plus frappante est son quatrième doigt, anormalement allongé, qu’il utilise pour débusquer des insectes dissimulés sous l’écorce des arbres — une stratégie similaire à celle de l’aye-aye de Madagascar.
Le planeur à queue annelée est légèrement plus imposant, avec ses 300 grammes environ. Il se déplace entre les arbres grâce à une membrane cutanée tendue entre ses pattes, et s’accroche aux branches à l’aide d’une queue préhensile. Sur le plan de la vie sociale, il forme des couples monogames stables et n’élève qu’un seul petit par an.
Ce second marsupial présente également un intérêt taxonomique exceptionnel : il constitue le premier nouveau genre de marsupial décrit en Nouvelle-Guinée depuis 1937. Pour les communautés autochtones Maybrat, cet animal occupe une place symbolique forte et joue un rôle dans les pratiques éducatives traditionnelles.
Une redécouverte ancrée dans les savoirs locaux
La confirmation de l’existence de ces deux espèces n’aurait pas été possible sans l’implication des populations autochtones Tambrauw et Maybrat. Rika Korain, une femme Maybrat cosignataire de l’étude scientifique, a joué un rôle déterminant dans l’identification des animaux sur le terrain.
Cette collaboration souligne la valeur des connaissances traditionnelles dans la recherche en biodiversité. Les communautés locales, en contact quotidien avec ces forêts, peuvent percevoir ce que les méthodes scientifiques classiques ne voient pas.
Des espèces à protéger sans tarder
Pour préserver ces populations nouvellement confirmées, les chercheurs ont pris la décision de ne pas divulguer leur localisation exacte. L’objectif est d’éviter toute exploitation par des trafiquants d’animaux sauvages, attirés par la rareté de ces espèces. Les deux marsupiaux sont désormais considérés comme menacés, principalement en raison de la déforestation liée à l’exploitation forestière dans la région.
Tim Flannery espère que cette découverte servira de levier pour renforcer la protection des forêts anciennes de la péninsule de Vogelkop. Elle rappelle aussi que les zones les plus isolées de la planète recèlent peut-être encore d’autres espèces que l’on croit perdues à jamais.
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